Petite fille des sombres rues
Non ne crois pas fillette
Me retenir encore
Dans tes rues sans violette
Dans ton triste décor
N'essaie pas de me suivre
Déserte mes rivages
Loin de toi je veux vivre
De plus beaux paysages
Petite fille des sombres rues, éloigne toi
Petite fille au yeux perdus, tu m'oublieras
J'ai trop longtemps vécu
Dans de pauvres ruelles
Trop longtemps attendu Un dernier arc en ciel
J'ai besoin de soleil
Et d'horizons moins gris
Je veux voir les merveilles
Que près de toi j'oublie
Petite fille des sombres rues, éloigne toi
Petite fille aux yeux perdus tu m'oublieras
Je ne suis pas de ceux
Que chasse la lumière
Et qui vivent heureux un éternel hiver
De l'amour je ne veux
Que les filles des rivières
Lorsque j'aime les yeux
J'aime aussi la chaumière
Petite fille des sombres rues, éloigne toi
Petite fille aux yeux perdus, tu m'oublieras
Nos chemins se séparent,
Entends la vie m'appelle
Je quitte les trottoirs
Et tes grises dentelles
Je pars pour des royaumes
Où l'on m'attend peut être
Où le bonheur embaume
Et donne un air de fête
Petite fille des sombres rues, éloigne toi
Petite fille aux yeux perdus, tu m'oublieras
Laisse moi m'en aller
Je n'ai plus rien à dire
Mais si tu veux pleurer
N'essaie pas de sourire
Retourne dans ta nuit
Au fond de tes faubourgs
Retourne dans l'ennui qui habite tes jours
Petite fille des sombres rues, éloigne toi
Petite fille aux yeux perdus, tu m'oublieras
La java sans joie
Moi j'aime bien chanter la racaille
La mauvaise herbe des bas quartiers
Les mauvais garçons la canaille
Ceux qui sont nés sur le pavé
J'ai bien du mal à les chanter
Tell'ment qu'elles sont tristes mes histoires
Mais celle que j'vais vous raconter
Elle fait mêrme pleurer ma guitare
Ecoutez là ma java sans joie
C'est la java d'un p'tit gars
Ecoutez là ma java sans joie
La java d'un p'tic garss quétait sans foi ni loi
Sa mère l'avait eu un beau soir
Alors qu'elle s'y attendait pas
Il est né près des grands boul'vards
Sur le pavé humide et froid
Il a jamais su l'nom d'son père
Puisque sa vieille vingt fois par jour
Pour dix sacs s'envoyait en l'air
Dans un boxon d'la rue du Four
Ecoutez là ma java sans joie
C'est la java d'un p'tit gars
Ecoutez là ma java sans joie
La java d'un p'tit gars qu'était sans foi ni loi
Après avoir quitté l'école
Où qu'y s'est pas trop attardé
Il s'est mis dans la cambriole
Avec ses copains de Saint Mandé
Il a voyouté quelques temps
Avec Dédé le surineur
Avec Julot d'Ménilmontant
Et toute la bande du Sacré-Coeur
Ecoutez là ma java sans joie
C'est la java d'un p'tit gars
Ecoutez là ma java sans joie
La java d'un p'tit gars qu'était sans foi ni loi
Il commençait à s'faire un nom
Et dans les petits bals musette
Lorsque jouait l'accordéon
On voyait tourner sa casquette
Il butta son premier larron
Alors qu'il avait pas vingt ans
Le crime c'était sa vocation
L'arnaque c'était son tempérament
Ecoutez là ma java sans joie
C'est la java d'un p'tit gars
Ecoutez là ma java sans joie
La java d'un p'tit gars qu'était sans foi ni loi
Dans l'quartier où i'f'sait son beurre
Y'a des gens qui l'appelaient Monsieur
Mais les flics ces petits fouineurs
Ne le quittaient jamais des yeux
Quand il a eu un peu trop d'sang
Sur ses doigts couverts de bijoux
Ils l'ont ficellé sur du bois blanc
Et ils lui ont tranché le cou
Ecoutez là ma java sans joie
C'est la java d'un p'tit gars
Ecoutez là ma java sans joie
La java d'un p'tit gars qu'était sans foi ni loi
Gueule d'aminche
Ecoutez ça les aminches
Les escarpes et les marlous
C'est l'histoire d'un drôle de grinche
Tronche d'amour, gueule de voyou
C'est une histoire féroce
Qui f'ra pleurer les frangins
Qui fera chialer les gosses
De Belleville jusqu'à Pantin
Pleurez pas dans vos mouchoirs
Non ça n'est pas mon histoire
C'est l'histoire triste et sordide
D'un gigolo d'la Vache-Noire
Qu'aimait d'un amour stupide
Une bourgeaoise des boul'vards
L'avait pas une gueule trop moche
Sous sa casquette de fortif
Y trainait à la Bastoch'
Où c'est qui jouait du canif
Pleurez pas dans vos mouchoirs
Non ça n'est pas, mon histoire
C'était le roi des barrières
L'as de la java musette
L'tombeur des bals populaires
D'la chapelle à la Vilette
Enfin bref, c'était l'bon jules
Pas bégueule et presque honnête
Il avait pas trop d'scrupules
D'gagner sa croûte à Montmartre
Pleurez pas dans vos mouchoirs
Non ça n'est pas mon histoire
Mais l'angoisse c'est qu'un beau soir
Il a rencontré c'te môme
Son sourire en balançoire
Ses grands airs et ses diplomes
L'aurait mieux fait d'la maquer
Sur l'trottoir pour 300 balles
Plutôt que d's'amouracher
De cette salope en cavale
Pleurez pas, dans vos mouchoirs
Non ça n'est pas, mon histoire
Depuis qu'il l'a dans la peau
C'est plus l'marlou qu'j'ai connu
Y parle de s'mettre au boulot
De plus trainer, dans les rues
Pour y offrir des dentelles
y renonce même au fric-frac
Aux coups d'surin et d'semelles
Aux combines et à l'arnaque
Les escarpes et les marlous
Qui trainez sur l'macadam
Faites vous plutôt couper l'cou
Qu'd'en pincer pour une grande dame.
La coupole
Andy Warhol, à la coupole
Peint le gambettes de Mistinguett
Il les dessine très longilignes
Leur donne la forme du cou d'un signe
Lewis Carrol à la Coupôle
Parle de fillettes en salopettes
Il les devine vêtues de Jean's
Pleines de paillettes sur les paumettes
Elles me fascinent, toutes ces gamines
Avec leur mines de Marylin
Sortant d'l'école, vers la Coupole
Elles caracoles et elles racolent
Quand vient le soir, j'aime aller voire
Un verre d'alcool à la Coupole
Pour faire du gringue à toutes ces dingues
A toutes ces folles bien trop frivoles
Toutes les idoles, de la coupole
les midinettes, les gigolettes
Les carolines en crinolines
Ne sont en fait que des starlettes
Hexagone
Ils s'embrassent au mois de Janvier
Car une nouvelle année commence
Mais depuis des éternités
L'a pas tell'ment changé la France
Passent les jours et les semaines
Y'a qu'le décor qui évolue
La mentalité est la même
Tous des tocards, tous des faux culs
Ils sont pas lourds en Février
A se souvenir de Charonne
Des matraqueurs assermentés
Qui fignolèrent leur besogne,
La France est un pays de flics
A tous les coins d'rue y'en a 100
Pour faire règner l'ordre public
Ils assassinent impunément
Quand on execute au mois d'Mars
De l'autr' côté des Pyrénées
Un anarchiste du Pays Basque
Pour lui apprendre à s'révolter
Ils crient ils pleurent et ils s'indignent
De cette immonde mise à mort
Mais ils oublient qu'la guillotine
Chez nous aussi fonctionne* encore
Etre né sous l'signe de l'Hexagone
C'est pas c'qu'on fait d'mieux en c'moment
Et le roi des cons sur son trône
J'parierai pas qu'il est All'mand**
On leur a dit au mois d'Avril
A la télé dans les journeaux
De pas se découvrir d'un fil
Que l'printemps c'était pour bientôt
Les vieux principes du seizième siècles
Et les traditions imbéciles
Ils les appliquent au pied d'la lettre
Y m'font pitié tous ces débiles
Ils se souviennet au mois de Mai
D'un sang qui coula rouge et noir
D'une révolution manquée
Qui faillit renverser l'histoire
J'me souviens surtout d'ces moutons
Effrayés par la liberté
S'en allant voter par millions
Pour l'ordre et la sécurité
Ils commémorent au mois de Juin
Un débarquement d'Normandie
Ils pensent au brave soldat Ricain
Qu'est v'nu se faire tuer loin d'chez lui
Ils oublient qu'à l'abri des bombes
Les Français criaient "Vive Pétain"
Qu'ils étaient bien planqués à Londres
Qu'y avait pas beaucoup d'Jean Moulin
Etre né sous l'signe de l'Héxagone
C'est pas la gloire en vérité
Et le roi des cons sur son trône
Me dites pas qu'il est Portuguais
Ils font la fête au mois d'Juillet
En souv'nir d'une révolution
Qui n'a jamais éliminé
La misère et l'exploitation
Ils s'abreuvent de bals populaires
D'feux d'artifices et de flonflons
Ils pensent oublier dans la bière
Qu'ils sont gouvernés comme des pions***
Au mois d'août c'est la liberté
Après une longue année d'usine
Ils crient : "Vive les congés payés"
Ils oublient un peu la machine
En Espagne, en Grèce ou en France
Ils vont polluer toutes les plages
Et par leur unique présence
Abimer tous les paysages
Lorsqu'en Septembre on assassine
Un peuple et un liberté
Au coeur de l'Amérique Latine
Ils sont pas nombreux à gueuler
Un ambassadeur se ramène
Bras ouverts ils est accueilli
Le fascisme c'est la gangrène
De Santiago jusqu'à Paris
Etre né sous l'signe de l'Hexagone
C'est vraiment pas une sinécure
Et le roi des cons sur son trône
Il est Français ça j'en suis sur.
Finies les vendanges en Octobre
Le raisin fermente en tonneaux
Ils sont très fiers de leurs vignobles
Leurs "côtes du Rhône" et leurs "Bordeaux"
Ils exportent le sang de la Terre
Un peu partout à l'étranger
Leur pinard et leur camembert
C'est leur seule gloire à ces tarés
En Novembre au salon d'l'auto
Ils vont admirer par milliers
L'dernier modèle de chez Peugeot
Qu'y pourront jamais se payer
La bagnole, la télé, l'tiercé
C'est l'opium du peuple de France
Lui supprimer, c'est le tuer
C'est une drogue à l'accoutumence
En Décembre c'est l'apothéose
La grande bouffe et les p'tits cadeaux
Ils sont toujours aussi moroses
Mais y a d'la joie dans les ghettos
La Terre peut s'arrêter d'tourner
Y rateront pas leur réveillon
Moi j'voudrais tous nous voir crever
Etouffés de dinde aux marrons
Etre né sous l'signe de l'Hexagone
On peut pas dire qu'ca soit bandant
Et si l'roi des cons perdait son trône
Y'aurait 50**** millions de prétendants
* "Fonctionne encore" remplacé par "ça plait encore" après l'abolition de la peine de mort en 1981
**"All'mand" remplacé par "Flamand" sur presque toutes les versions postèrieures à l'album
***"gouvernés comme des pions" remplacé par "gouvernés par des cons" en fonction du pouvoir en place
****"50 millions" actualisés à "60 millions" depuis une bonne dizaine d'années
Ecoutez moi les Gavroches
Pour toutes les fleurs du béton
Pour tous les gamins de Paris
J'ai composé cette chanson
Pour éclairer leurs sombres nuits
Pour ceux sui vivent sur le bitume
Qui n'ont jamais vu le gazon
Qui ne connaissent que la brume
Qui n'ont qu'un ciel gris pour plafond
Ecoutez moi les Gavroches
Vous les enfants de la ville
Non Paris n'est pas si moche
Ne pensez plus à l'an 2000
Ouvrez vos yeux pleins d'innocence
Sur un Paris qui vit encore
Et qui fera de votre enfance
Le plus merveilleux des décors
Voyez plus loin que l'horizon
Le temps n'a pas tout démoli
Les rues sont pleines de chansons
Les murs ne sont pas toujours gris
Ecoutez moi les Gavroches
Vous les enfants de la ville
Non Paris n'est pas si moche
Ne pensez plus à l'an 2000
Trainez vos vies dans les ruelles
Dans les vieux bistrots , dans les cours
Et sur les pavés eternels
Qui n'ont pas quitté les faubourgs
Allez respirer sur la butte
Tous les parfums de la commune
Souvenirs de Paris qui lutte
Et qui pleure parfois sous la lune
Ecoutez moi les Gavroches
Vous les enfants de la ville
Non Paris n'est pas si moche
Ne pensez plus à l'an 2000
Rita (chanson d'amour)
Rita, donne mon ton coeur
Rita, donne moi ta main
Rita, donne moi ta soeur
Rita, nous partons demain
Camarade bourgeois
Camarade bourgeois
Camarade fils à Papa
La Triumph en bas d'chez toi
Le p'tit chèque en fin de mois
regarde toi ah ah ah
regarde toi ah ah ah
Camarade bourgeois
Camarade fils à Papa
T'as vraiment pas l'air con
Quand tu sors le dimanche
Ton petit complet veston
Et ta chemise blanche
Regarde toi ah ah ah
Regarde toi ah ah ah
Camarade bourgeois
Camarade fils à Papa
Tu roules en Ferrari
Ou en Lamborghini
Tu roules des épaules
Tu te crois super drôle
Regarde toi ah ah ah
Regarde toi ah ah ah
Camarade bourgeois
Camarade fils à Papa
Je sais ton père est patron
Faut pas en faire un complexe
Le jour d'la révolution on lui coup'ra qu'là tête
Regarde toi ah ah ah
Regarde toi ah ah ah
Camarade bourgeois
Camarade fils à Papa
Tu passes ton temps au drugstore
Sur les Champs Elysées
Tu te crois très très fort
T'es jamais qu'un minet
Regarde toi ah ah ah
Regarde toi ah ah ah
Camarade bourgeois
Camarade fils à Papa
Rejoins les rangs de la pègre
Tu prendras vraiment ton pied
Ne soit plus une petite pède
Nous sommes tous des défoncés
Regarde moi ah ah ah
Regarde moi ah ah ah
Regarde moi ah ah ah
Regarde moi ah ah ah
Le gringalet
C'était un gringalet
Pas vraiment laid
Mais il était
Né à Paname
Tous ceux qui l'connaissaient
Y disaient
Qu'y savait
Causer au dames
C'était pas un tocard
Un ringard
Un traine-boul'vard
On l'app'lait l'Saint Bernard
Le Mozart
Du pont des arts
C'était pas un dragueur
Un flambeur
De fin d'semaine
Il amenait nos p'tites soeurs
Un quart d'heure
Su'l'bord d'la Seine
Il avait pas eu d'père
Pas eu d'mère
Ni d'anniversaire
Il était né un soir
Rue Rochechouart
Près d'une poubelle
Il avait pas eu d'chance
Ni d'vacances
Dans son enfance
Mais quand fallait d'l'ambiance
Sa seule présence
C'était Byzance
C'était un bon copain
Y méritait bien
C'te chansonnette
Car il est mort de faim
Un beau matin
Rue d'la Roquette
Ma chanson se termine
Ca m'déprime
C'est pas humain
Moi j'aime pas les chansons
Où les héros
Y meurent à la fin
La menthe à l'eau
Quand la Marie que j'aimais
S'amenait en minaudant
Dans mon nid au mois de Mai
J'avais jamais mal aux dents
De tout Marie émanait
Le beau, le doux, le mignon
Mais dans ma menue monnaie
Y'avait pas le mot million
Marie n'était pas mémère
Elle aimait bien ma moumouth
Mes mimiques, ma marinière
Et mes manières de mamouth
Les amis de mon aimée
M'amusaient mais allons-donc
Les habits amidonnés
Ils donnaient dans le bidon
Mais Marie, ma muse, ma reine
N'était pas des masses ma mie
La muse ment et l'amant peine
Si j'puis m'exprimer ainsi
C'est décidé dès demain
J'ai des idées détonnantes
Je vais demander la main
De Marie, si ça l'enchante
Si j'aimais sa tombola
Si jamais ça tombe à l'eau
Mon amante deviendra
Ben voyons, l'amante à l'eau
Greta
Ich liebe dich Greta
Ich liebe da gretich
Ich liebe tach gredi
Dis moi pourquoi Greta
Dis quoi pourta gremoi
Dis ma pourqua gros tas
Y'a un mur entre toi et moi
I love you Greta
I love ya gretou
I louve yo grata
dis moi pourquoi Greta
Dis quoi pourta gremoi
Dis ma pourqua gros tas
Y'a un mur entre toi et moi
Oh oui je t'aime Greta
Oh ouaime je t'a gretoui
Oh oua je t'oui gretaime
Dis moi pourquoi Greta
Dis quoi pourta gremoi
Dis ma pourta gros tas
Y'a un mur entre toi et moi
Dis moi warum Greta
Dis moi pourquoi Greta
Pourquoi qu't'habites à Berlin Est
Pourquoi qu'j'habite à Berlin Ouest