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Les chansons de Renaud étant souvent assez autobiographiques même si elles contiennent une part de fiction, il y'a fort à parier que l'artiste s'est parfois essayé au plaisir des drogues douces comme presque tout le monde et à plus forte raison dans le milieu artistique. Ainsi plusieurs de ses chansons ont fait référence au cannabis ou à l'herbe comme dans "Germaine" où
"Ca sentait bon chez elle
l'herbe et le Patchouli"
et dans "Pochtron" ou sa mère lui conseille plutôt que de se saouler:
"Pochtron, pochtron
Fume un joint t'auras l'air
Moins con"
Sa critique envers ces drogues dites douces n'est en tous cas pas très virulente. Ainsi dans "Chez la mère à Titi", Titi étant soi dit en passant Jean-Pierre Buccolo son Guitariste de longue date, compositeur de plusieurs très jolies chansons de Renaud mais aussi Francis Cabrel, et aussi et surtout ami fidèle d'entre les fidèles, Renaud nous apprend que ce dernier serait probablement un fumeur de Haschish à travers les vers suivants:
"Pi au bout du couloir
Y'a la piaule à mon pote
Où vivent ses guitares
Son blouson et ses bottes
Sa collec de BD
Et au milieu du souk
Le mégot d'un tarpé
et un vieux Newlook"
Ainsi, le fait que son pote soit un fumeur de shit ne semble pas derranger Renaud outre mesure.
Dans "Deserteur" Renaud fait carrément l'éloge des drogues douce en expliquant ceci au président de la république lui même, il faut dire que le président de l'époque était François Mitterand pour lequel l'artiste a toujours eu une réelle sympathie et même une profonde admiration:
"On fait pousser des chèvres
On fabrique des bijoux
On peu pas dire qu'on s'crève
L'travail c'est pas pour nous
On a des plantations
Pas énorme trois hectares
D'une herbe qui rend moins con
Non c'est pas du Ricard"
où encore plus à la fin de la chanson quand il invite ce même président à sa table:
"Monsieur le président
pour finir ma bafouille
J'voulais t'dire simplement
Qu'ce soir on fait des nouilles
A la ferme c'est l'panard
Si tu veux viens bouffer
On fum'ra un pétard
Et on pourra causer
On fum'ra un pétard
Et on pourra causer"
En revanche, Renaud a fait deux chansons magistrales sur les drogues dures, ouvertement contre l'usages de celles ci et contre les dealers.
La première s'appelle "La blanche" et elle est dédiée à un proche dont le prénom cité dans la chanson est vraiment Michel.
La deuxième "P'tite conne" est dédiée à Pascale Ogier, actrice Française décédée à l'age de 24 ans d'une overdose. Le film l'ayant révélé est probablement "les nuits de la pleine l'une" dans lequel elle tient le premier rôle aux côtés de Fabrice Lucchini. Cette dernière adorait Renaud et c'est la raison pour laquelle sa mère à demandé à celui ci d'écrire une chanson qui lui serait dédiée.
Ces deux chansons sont extrèmement émouvantes et prennent réellement aux tripes. Renaud n'y est pas tendre avec ces victimes et encore moins avec leurs dealers. Après avoir écouté ces chansons on n'a pas vraiment envie d'essayer de commencer à se shooter.
Je vous les livre ici dans leur intégralité
La Blanche
Salut Michel, ça fait une paye
Que j'tai pas vu trainer dans mes ruelles
Qu'est ce que tu d'viens, moi ça va bien
Parais qu'toi tu marches sur un drôle de ch'min
T'as les joues creuses, les mains caleuses
Et la démarche un p'tit peu chaloupeuse
Vraiment tu m'terrasses, bonjour l'angoisse
Paraît qu't'es tombé dans une drôle de crevasse
Paraît qu'c'est pas tous les jours Dimanche
La blanche
Tu bois quelqu'chose, non t'as pas soif
Y't'faut ta dose, t'as pas d'thune, t'es en carafe
Allez prends une bière, ça peut pas t'faire de mal
C'est en vente libre, profites-en c'est pas cher
Au fait tu m'dois cent sacs, j'en fais pas un sac
Mais tes p'tites arnaques ras l'bol, j'en ai ma claque
Pour décrocher tu m'as taxé
Pour descendre sur la côte te r'faire une santé
Est-ce qu'elle coute moins cher à Villefranche
La blanche
Parait qu'ta gonzesse s'est barrée avec ta caisse
Parait qu'tu bandais plus pour sa gueule, pour ses fesses
Tu veux que j'te dise, t'étais trop bien pour elle
Comment ça j'ironise, mais non j'suis pas cruel
Eh ben, ma gueule, te v'là tout seul
T'as l'regard triste comme c'lui d'un épagneul
T'es vachement speed, mais t'as plus rien dans l'bide
T'as qu'la poudre aux yeux et les yeux bien livides
Y'a vraiment plus qu'une seule chose qui t'branche
C'est la blanche
T'as p't être raison, j'te parle comme un vieux con
Mais j'suis un vieux con vivant, j'ai la gaule, j'suis content
Toi t'as les boules, moi j'ai la frite
C'est pas du Bashung, non mon pote c'est du Nietzsche
Toi tu t'fais une ligne, moi j'bois une bibine
Pendant qu'tu t'dopes, j'fume mes deux paquets d'clopes
Chacun son trip, chacun son flip
Toi c'est pas souvent qu't'as des parties gratuites
J'préfère t'laisser tout seul sur ta branche
Avec la blanche
Allez salut Michel, à la prochaine
On s'téléphone, on s'fait une bouffe, ça baigne
Et pis j'vais t'dire si tu m'fais un sourire
Tout c'que j't'ai dit, ben j'te jure que j'le r'tire
Mais si j'croise ton dealer, j'y fous dans l'coeur
Un coup d'surin de la part d'un copain
Ca risque d'être dur, vu que c't'ordure
Un coeur, ça m'étonnerait qu'il en ait un
On t'couchera avant lui entre quatre planches
Toutes blanches
P'tite conne
Tu m'excus'ras mignonne
D'avoir pas pu marcher
Derrière les couronnes
De tes amis branchés
Parce que ton dealer
Etait peut être là
Parmi ces gens en pleurs
Qui parlaient que de toi
En regardant leurs montres
En se plaignant du froid
En assumant la honte
De t'avoir poussée là
P'tite conne
Tu leur en veux même pas
Tu sais que ces charognes
Sont bien plus morts que toi...
Tu fréquentais un monde
D'imbéciles mondains
Où cette poudre immonde
Se consomme au matin
Où le fric autorise
A se croire à l'abri
Et de la cour d'assise
Et de notre mépris
Que ton triste univers
Nous inspirait, malins
En sirotant nos bières
Ou en fumant nos joints
P'tite conne
Tu rêvais de Byzance
Mais c'était la Pologne
Jusque dans tes silences...
On se connaissait pas
Aussi tu me pardonnes
J'ai pas chialé quand t'as
Cassé ta pipe d'opium
J'ai pensé à l'enfer
D'un téléphone qui crie
Pour réveiller ta mère
Au milieu de la nuit
J'aurais voulu lui dire
Que c'était pas ta faute
Qu'à pas vouloir vieillir
On meurt avant les autres
P'tite conne
Tu voulais pas murir
Tu tombes avant l'automne
Juste avant de fleurir...
Mais t'aurais je connue
Que ça n'eut rien changé
Petite enfant perdue
M'aurais tu accepté?
Moi j'aime le soleil
Tout autant que la pluie
Et quand je me réveille
Et que je suis en vie
C'est tout ce qui m'importe
Bien plus que le bonheur
Qui est affaire de médiocres
Et qui use le coeur
P'tite conne
C'est oublier que toi
T'étais là pour personne
Et que personne était là...
Tu m'excus'ras mignonne
D'avoir pas pu pleurer
En suivant les couronnes
De tes amis branchés
Parce que ton dealer
Etait peut être là
A respirer ces fleurs
Que tu n'aimerais pas
A recompter ces roses
Qu'il a payées au prix
De ta dernière dose
Et de ton dernier cri
P'tite conne
Allez repose toi
Tout près de Morisson
Et pas trop loin de moi...
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